À l'automne dernier, j'ai eu le plaisir de signer, en compagnie de Jean-Charles Basson et Boris Helleu, un article pour la revue Sociologie intitulé  : "Sur la route du stade. Mobilisations des supporters de football" (en anglais : "On the road to stadiums. Mobilizations of football supporters"). Sur le blog, j'avais évoqué ce travail dans ce billet

La semaine dernière, feuilletant le dernier exemplaire du magazine Sciences Humaines (n° 254, mai 2014), je suis tombé totalement par hasard sur une chronique de cet article, faite par Marie Deshayes (p. 19). Depuis peu, on peut la lire directement sur le site Internet de Sciences Humaines en suivant ce lien, mais je la reproduis également ci-dessous. Si ce petit texte vous donne envie d'en lire plus, sachez que l'article, ainsi que tous les autres qui composent le numéro de la revue Sociologie, est toujours disponible au format PDF sur le portail CAIRN

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Comment se revendiquer supporteur de l’Olympique de Marseille quand on est normand ? Le sociologue Ludovic Lestrelin et deux de ses confrères se sont intéressés au monde des supporteurs de football « à distance ». Ceux qui habitent à Rouen, en l’occurrence, et qui ont choisi de soutenir l’OM. Durant trois saisons sportives, les chercheurs ont partagé les voyages, le plus souvent en bus, de ces passionnés.


Leur vie de supporteur ressemble à un parcours du combattant : ils doivent convaincre leur famille de les laisser faire régulièrement des trajets de huit heures pour aller soutenir leur équipe. Se déplacer à Marseille est primordial : le premier voyage fait même office de « dépucelage », selon leurs termes. Ils font alors réellement partie du groupe.

Mais ils doivent aussi convaincre les supporteurs marseillais qu’ils ne sont pas des amateurs. Ils cherchent à se faire traiter d’égal à égal. « Quand tu te retrouves dans la tribune avec les Marseillais et qu’ils s’aperçoivent qu’à Rouen, on a réussi à remplir un car de 50 personnes alors que ce n’est pas le cas pour d’autres sections, c’est une fierté », explique l’un d’entre eux.

Enfin, ils doivent se faire accepter à l’intérieur de leur propre section pour ne pas se faire traiter de « touristes », terme hautement péjoratif dans leur bouche. Car malgré les apparences, il y a des règles très strictes à respecter (aller soutenir l’équipe même pour des petits matchs, ne pas porter de maquillage ni de perruque, attendre le signal pour les chants…) sous peine de se voir exclu du groupe. Les longs voyages en car sont propices à établir les règles et tester les nouveaux venus. Pour tisser des beaux souvenirs de supporteur, il faut d’abord se plier au protocole.

Ludovic Lestrelin et al., « Sur la route du stade. Mobilisations des supporters de football », Sociologie, vol. IV, n° 3, 2013.