LivreVertSupporters_17x24_Int_webLe "livre vert du supportérisme" a donc été remis officiellement lundi à Rama Yade au cours d'une brève cérémonie au Secrétariat d'Etat aux Sports. Il est possible de télécharger le document depuis le site du secrétariat (www.sports.gouv.fr/). Pour lire le discours de la secrétaire d'Etat, c'est aussi possible depuis la partie "discours" à droite de la page.

Plusieurs articles de presse ont aussi rendu compte de ce travail.
- sur le site Localtis (par Jean-Damien Lesay) : ici
- sur le site du Monde.fr (une interview de Nicolas Hourcade par Anthony Hernandez) : ici
- sur le site de So Foot (par Nicolas Kssis-Martov) : ici

Bien entendu, le livre vert ne contentera pas toutes les parties, aussi bien dans certains milieux supportéristes qu'au sein des autorités sportives ou au sein des cabinets ministériels. L'article de Nicolas Kssis-Martov pointe d'ailleurs avec justesse des questions très importantes qui ne sont pas abordées au sein du livre vert. Mais il faut surtout le considérer comme une base de travail et j'invite à le lire attentivement avant de le condamner a priori : nous avançons des choses loin d'être anodines. On peut également s'interroger sur son usage (un "beau rapport"  de plus remisé dans les tiroirs ?). Je comprends ce genre d'arguments. Mais il appartient désormais aux instances sportives et publiques de s'en saisir pour fonder une politique cohérente en matière de gestion des tribunes. Enfin, j'ai déjà pu entendre certaines remarques de "confrères", dont la promptitude de réaction est pour le moins surprenante, voire déplorable car celle-ci ne porte évidemment pas sur le fond.

On a beaucoup reproché, depuis de nombreuses années, aux intellectuels d'avoir délaissé l'espace public. Il aurait été plus confortable, surtout dans ce contexte politique, de prendre la posture de l'intellectuel critique pour mieux refuser toute "compromission". Mais un tel processus (engagé depuis l'autonome 2009 et marqué par l'organisation du 1er congrès national des associations de supporters en janvier 2010) était une opportunité rare pour se saisir d'un problème public, faire porter la voix des chercheurs et, dans le même mouvement, dire la vérité sur le monde des tribunes et empêcher d'autres acteurs de parler à notre place. Bref, pour qui croit un minimum en l'action publique et dans la politique, la rédaction du livre vert du supportérisme était une belle occasion pour faire sortir les sciences sociales des laboratoires (notre tour d'ivoire ?) et (re)conquérir une place dans l'espace public. Je l'ai fait d'autant plus volontiers que j'apprécie scientifiquement et humainement le pilote du processus : Nicolas Hourcade.

Que les autres chercheurs si prompts à parler aient le courage de s'exposer et de prendre clairement position : leur voix compte autant que la nôtre et toute initiative pour améliorer la situation et faire changer les choses est évidemment la bienvenue.

PS : ci-dessous, la vidéo de la remise du livre vert (discours de Nicolas Hourcade puis de Rama Yade)