Sans_titreC'est le titre d'un dossier paru aujourd'hui samedi 11 avril 2009 dans le journal La Provence. Travaillant (toujours aujourd'hui) à la question du "supportérisme à distance" et puisque l'OM a constitué mon terrain de recherche au cours de ma thèse, j'ai été sollicité pour tenter de répondre à la question des ressorts de la popularité du club marseillais en France.

Une_La_Provence_11_avril

Le site officiel de l'Olympique de Marseille a consacré une courte brève sur ce dossier spécial, je la restitue ci-dessous :

 


 

OM-Grenoble 11/04/09 12:01

La passion OM à l’honneur dans La Provence        

A l’occasion du match de dimanche (17h), OM-Grenoble, qui se jouera à guichets fermés, le quotidien La Provence consacre son dossier du jour et deux pages pleines à la passion que suscite le club à Marseille et à travers la France. Si le maître de conférence à l’université de Caen et spécialiste du supportérisme olympien, Ludovic Lestrelin, explique que l’OM «s’est imposé comme la capitale du foot français», les nombreux témoignages dans le dossier le confirment pleinement.  Supporters du Berry, de Valenciennes, de Paris ou encore du Canada ou du Sénégal racontent leur amour pour la formation olympienne. Comme le Parisien Tony qui confie en être à «19.000 km parcourus» pour l’OM cette année. Et avec des articles sur les audiences tv à la hausse ou les records des boutiques officielles, il y a de quoi tout savoir sur la passion OM.        

E.J.

Source : La Provence


"Le Vélodrome représente un idéal de passion !"

Publié le samedi 11 avril 2009 à 15H53

Universitaire spécialisé sur la question des supporters, Ludovic Lestrelin analyse la passion que provoque l'OM. Maître de conférences à l'université de Caen, Ludovic Lestrelin a consacré de nombreux travaux au supportérisme olympien. Il sortira un ouvrage sur le sujet en fin d'année.

Comment expliquez-vous que la passion pour l'OM conserve une telle vigueur ?

Ludovic Lestrelin : "De tout temps, les Marseillais ont aimé les mises en scène spectaculaires. Avec l'OM, ils sont servis. Il y a aussi, évidemment, le caractère cosmopolite de la ville. Avec la facilité d'intégration, pour chaque génération d'immigrés, qu'offre l'adhésion à la passion olympienne. Il existe un autre paramètre important: dans les années 80-90, les succès de ce club ont représenté un moyen unique pour la ville d'exister et de prendre sa revanche sur un contexte social douloureux. Plus généralement, grâce à ses titres français ou européen, l'OM s'est imposé comme la capitale du foot français. Et, dans l'esprit des gens, il l'est resté depuis. Mais il ne faut pas oublier, non plus, le rôle des supporters. Ils ont réussi à créer une telle ambiance dans les tribunes du Vélodrome, largement montrée à la télé, que ce stade s'est imposé comme un idéal de passion pour ce sport."

Mais justement, après ces années de gloire, l'OM n'a plus rien gagné. L'intérêt aurait dû décroître...

L.L. : "Ça renvoie à un autre processus: la capacité unique de l'OM à incarner une personnalité propre, forte et lisible. Dans l'esprit des gens, Marseille représente un contre-modèle. Le club qui s'oppose. Celui de la province contre la capitale. Des petites gens face aux grands. Celui qui incarne le système B, un peu roublard, équivoque, mauvais garçon, foncièrement contre l'establishment… Cet imaginaire provoque des identifications fortes, particulièrement chez les supporters extérieurs à la ville. Et l'affaire VA-OM, au lieu de détourner ces gens, a au contraire renforcé cette attirance. Elle a été perçue comme une injustice sociale, la réussite refusée aux pauvres par les puissants. Ce qui est paradoxal, c'est que l'OM n'est pourtant pas un petit budget… Mais Lyon, à côté, fait figure de club lisse et rangé qui attire beaucoup moins."

Avec ses sept titres consécutifs, Lyon ne rattrape-t-il pas son retard?

L.L. : "Très modestement… Dans toute la France, Marseille compte près de cent groupes de supporters. Lyon, très peu. Supporter l'OM, quand on est de Paris, de Rouen ou d'Ivry, ça représente quelque chose. C'est faire un pied de nez à son identité. La force de ce club, aujourd'hui, par rapport aux autres, c'est que l'engouement qu'il génère est devenu totalement indépendant de ses résultats."

Retrouvez aujourd'hui dans "La Provence" nos deux pages spéciales consacrées au retour de la fièvre OM.

Propos recueillis par Laurent D'Ancona