Invitation à la sociologie (du sport) : le site de Ludovic Lestrelin

mardi 24 janvier 2012

"Sport de filles". Le cinéma, l'équitation et la sociologie

Affiche du filmDemain mercredi 25 janvier 2012 sort dans les salles ("obscures", selon la formule consacrée) un film qui évoque le monde de l'équitation de haut niveau, intitulé "Sport de filles". Réalisé par Patricia Mazuy, il met en scène la délicieuse Marina Hands dans le rôle du personnage principal : Gracieuse (ce prénom d'emprunt lui va très bien, pour qui a apprécié le magnifique Lady Chatterley de Pascale Ferran, sorti en 2006 et qui lui a valu le César de la meilleure actrice).

Le résumé du scénario du film : révoltée par la vente du cheval d'obstacle qu'on lui avait promis, Gracieuse, cavalière surdouée, claque la porte de l'élevage qui l'employait. Elle redémarre à zéro en acceptant de rentrer comme palefrenière dans le haras de dressage qui jouxte la ferme de son père. La propriétaire, Joséphine de Silène, y exploite d'une main de fer la renommé internationale d'un entraîneur allemand, Franz Mann, ancien champion cynique et usé dont les riches cavalières du monde entier se disputent le savoir - mais aussi le regard ! Ce microcosme de pouvoir et d'argent n'attend pas Gracieuse qui n'a pour seules richesses que son talent, son caractère bien trempé et surtout sa rage d'y arriver. Branchée sur 100 000 volts, prête à affronter Franz Mann lui-même et tous les obstacles - jusqu'à se mettre hors-la-loi, elle poursuit son unique obsession : avoir un cheval pour elle, qu'elle emmènerait au sommet...

Les premières critiques du film sont bonnes (voir par exemple cet article paru aujourd'hui dans Le Monde qui revient par ailleurs sur le parcours de Marina Hands, ancienne cavalière de très bon niveau, ce qui l'amena à cotoyer Guillaume Canet, lui aussi cavalier, bien avant son entrée dans l'univers artistique). Voici la bande annonce du film :


SPORT DE FILLES : BANDE-ANNONCE Full HD

A l'occasion de la sortie du film, le journal La Croix a consacré un article, paru le 20 janvier, sur le monde de l'équitation. Son titre : "La pratique du cheval, un sport de filles". Le papier part en effet d'un premier constat, celui de la très importante féminisation de la fédération française d'équitation (FFE) : 580 000 cavalières pour 120 000 cavaliers, ce qui en fait le premier sport féminin en France, devant le tennis. La directrice de la communication de la FFE, interrogée par le journaliste, exprime un certain désarroi quand il s'agit d'expliquer cet état de fait. Voici ses propos : « Cela fait longtemps qu’on cherche une explication sans en trouver de vraiment satisfaisante (...). Et quand on cherche à comprendre pourquoi l’équitation, à l’origine sport masculin issu du monde militaire, a basculé dans le féminin en quelques années, autour de 1970, on est encore moins avancé ». Le second constat dressé dans le papier est également intéressant : celui de la quasi "disparition" des femmes dès lors que l'on s'élève dans la hiérarchie sportive. L'équitation pratiquée à haut niveau devient, en effet, très majoritairement une affaire d'hommes (les palmarès internationaux en attestent, selon l'article).  Est-ce à dire que le poney et les ballades équestres reviendraient naturellement aux filles quand les garçons se réserveraient aux choses sérieuses ? 

Marina Hands

Sur ces questions, les travaux de sciences sociales ont produit des résultats intéressants. Trois lectures (parmi d'autres) peuvent aider à y voir plus clair : un article de l'ethnologue Jean-Pierre Digard tout d'abord, paru en 1995 dans un numéro spécial de la revue Terrain consacré aux sports : "Cheval, mon amour. Sports équestres et sensibilités animalitaires en France" ; un article de la sociologue Vérène Chevalier ensuite, paru en 1998 dans la revue Sociétés contemporaines : "Pratiques culturelles et carrières d'amateurs : le cas des parcours de cavaliers dans les clubs d'équitation" ; un article de la sociologue Fanny Le Mancq enfin, paru en 2007, également dans la revue Sociétés contemporaines : "Des carrières semées d'obstacles : l'exemple des cavalier-e-s de haut niveau". Que nous apprennent ces trois auteur(e)s ?

revue TerrainJean-Pierre Digard montre que la fédération française d'équitation a connu depuis les années 1960 une progresssion très importante de ses effectifs, l'une des plus fortes en pourcentage parmi les fédérations françaises. L'équitation s'est donc à la fois massifiée et féminisée. La hausse des effectifs s'est par ailleurs accompagnée d'un changement de sens de l'activité : autrefois guerrière, liée au monde militaire, l'équitation est devenue un sport. Les pratiques et les valeurs traditionnelles de l'équitation s'en sont trouvées bouleversées. Chose d'autant plus sensible que, comme toute fédération sportive disciplinaire, la FFE a cherché dès lors à répondre à la demande de ses licenciés en diversifiant ses activités et ses services : certes tournée vers le sport compétitif, elle a aussi oeuvré pour retenir ses usagers-clients (ou en attirer de nouveaux) en orientant son offre vers un contenu de loisir partant du principe que tout le monde ne veut ou ne peut pratiquer à des fins de performance sportive. Voilà une stratégie classique des fédérations sportives, documentée dans les travaux menés, par exemple, par mon collègue sociologue Claude Lafabrègue. Digard note combien le profil sociologique et sportif du "nouveau cavalier" des années 1960 change. L'équitation s'ouvre très largement à une population urbaine, principalement issue des classes moyennes supérieures (cadres, commerçants, professions libérales, etc.). La juvénilisation est une autre caractéristique : à partir de cette époque, les moins de 25 ans forment les deux tiers des effectifs. Quid des femmes ? Il en fait "la caractéristique la plus remarquable de la population des nouveaux cavaliers" puisque "depuis 1973 (...) le nombre des cavalières a progressé de 120 % tandis que celui des cavaliers n'augmentait que de 42 %, si bien qu'aujourd'hui 63 % des licenciés sont des femmes". Quelles sont les explications possibles à ce fait caractéristique ? Digard dresse trois voies possibles :

1) raisonner à partir d'une forte spécificité de l'activité équestre, à savoir son caractère très chronophage. En d'autres termes, il faut du temps. Dès lors, le temps libre apparaît comme une variable essentielle. La disponibilité des femmes peut être mise en relation avec une insertion sur le marché du travail soit plus délicate (de par les inégalités entre hommes et femmes que l'on connaît), ce qui les conduit à ne pas pouvoir exercer une activité professionnelle régulière, soit non nécessaire sur le plan des revenus. C'est alors que le lien est fait avec le capital économique, car pour exercer l'équitation il faut du temps, mais aussi de l'argent. Le statut socio-économique apparaît en effet important, considérant que "statistiquement, le temps de participation féminine aux sports équestres est d'autant plus important que leur niveau de vie est plus élevé (...). Elles bénéficient de plus de moyens financiers pour payer des heures d'équitation, acheter du matériel de pansage et de sellerie, voire acquérir un cheval". L'équitation, sport de desperate housewives par excellence ? A priori, cette première voie n'apparaît pas très convaincante. 

2) raisonner en termes de rapports de domination, certaines pratiquantes adoptant un discours emprunt des termes de "challenge" ou de "revanche", donc une motivation féminine d'autant plus grande qu'elle est liée à "la conquête d'un champ d'activité longtemps resté exclusivement masculin et (à) la pénétration d'un milieu sportif (que les femmes) continuent de percevoir, en dépit de sa féminisation, comme fondamentalement macho, voire misogyne". Pour ma part, je ne suis pas franchement emballé...

3) raisonner à partir du rapport entrenu à l'animal et du thème de la "sensibilité animalitaire". Digard avance que les hommes entretiennent un rapport fondé plus volontiers sur la force quand les femmes usent de douceur et de persuasion quand il s'agit de guider l'animal, de travailler avec lui. Les filles, plus promptes à "l'hippolâtrie", pour reprendre le néologisme de l'auteur ? On l'aura compris, il ne s'agit nullement de dire que ces qualités sont "naturellement" masculines et féminines. Comme elles sont au contraire socialement, culturellement et historiquement construites, très rapidement intériorisées, il faudrait donc aller chercher l'explication de la féminisation de l'équitation du côté du thème de la socialisation : sexuellement différencié, l'intérêt pour le soin de l'animal, chose éminemment importante dans ce sport, est inculqué et intériorisé dès la plus tendre enfance. Ce faisant, les mécanismes sociaux de production, de formation et d'intériorisation du goût en direction d'un sport où l'aspect "maternage" représente, aux yeux des enfants, une part essentielle de l'activité est un révélateur de la manière dont on fabrique les hommes et les femmes dans notre société. Travailler en ce sens peut ensuite se prolonger par une réflexion autour de la question de la reproduction sociale, en d'autres termes de l'initiation familiale, en particulier de la transmission de mères en filles, et plus globalement de la question des choix d'activités sportives en tant que composantes du projet éducatif parental. Personnellement, c'est la voie qui me paraît la plus stimulante.

Sociétés contemporainesLe thème de la socialisation occupe également la réflexion de Vérène Chevalier. Mais l'usage du concept ne sert pas le même objectif de recherche car la question centrale qu'elle pose n'est pas tant celle des raisons de l'entrée dans le monde de l'équitation (pourquoi les filles s'engagent dans un club ?) que des cheminements qui se déploient en son sein, bref de ce qui se passe une fois que l'on y a mis un pied (et un sabot). Elle montre que le statut de pratiquant(e) est tout sauf un état stable. Le ou la pratiquant(e) est, au contraire, particulièrement mobile : on peut rester licencié, on peut aussi faire défection, reprendre une licence, changer de club, etc. Il s'agit dès lors d'étudier cette population de pratiquant(e)s en l'envisageant sous l'angle de parcours. Pour faire ce travail qui renvoie à la dimension processuelle et temporelle de l'action, elle utilise le concept de carrière, hérité de la sociologie interactionniste : il est possible d'analyser ces parcours sportifs comme des carrières marquées par le franchissement d'étapes successives. Elle montre qu'une dimension essentielle de ce cheminement tient à la construction d'une identité de pratiquant(e). L'adoption de cette identité, c'est-à-dire le fait de se reconnaître soi-même comme pratiquant, passe par deux processus : la socialisation d'abord par la fréquentation assidue des espaces de pratique et d'initiés, à différentes étapes de la carrière ; l'acculturation ensuite par l'acquisition d'une culture institutionnelle spécifique. La carrière de pratiquant(e) a d'autant plus de chances d'être longue au sein du monde fédéral que l'individu rompt avec les représentations profanes antérieures à l'entrée dans le monde de l'équitation, vu bien souvent sous l'angle du loisir et de la promenade.

Le travail de Fanny Le Mancq prolonge, en quelque sorte, l'analyse de la construction des parcours sportifs dans le monde de l'équitation en comparant, pour sa part, les carrières des cavaliers et des cavalières, leurs différences, en se centrant plus particulièrement sur la discipline du saut d'obstacles. En effet, bien que les compétitions y soient réglementairement mixtes, les cavalières n'accèdent que rarement au plus haut niveau. Il s'agit ainsi de tenter de comprendre la réalisation moins fréquente du cursus sportif d'excellence pour les cavalières. A partir de deux enquêtes biographiques réalisées auprès de compétiteurs et compétitrices des différents niveaux, elle étudie la construction de ces carrières en les inscrivant dans le marché singulier et concurrentiel des sports équestres, caractérisé par un flou des frontières entre compétiteurs amateurs et travailleurs des sports équestres. Un marché par ailleurs organisé autour de l'enjeu de l'accès aux chevaux performants. Notation juste qui rappelle qu'en équitation, l'athète est d'abord le cheval. Dès lors, "réussir" c'est-à-dire accéder à une position de cavalier de haut niveau fait appel à des ressources extra-sportives, non physiques. Dans ce contexte, les compétiteurs, et particulièrement les compétitrices, sont confrontés à des obstacles pouvant limiter leur accès au plus haut-niveau. Le premier obstacle tient à la culture professionnelle de l'équitation, celle des catégories "pro" en particulier, qui est historiquement masculine, construite par et pour des hommes : accéder au plus haut niveau suppose d'affronter des résistances, de transgresser (ce qui a toujours un coût social, élevé selon l'auteure pour le cas des cavalières), de se frotter à un milieu dans lequel il est difficile de se sentir et d'apparaître légitime aux yeux des autres cavaliers et donc de soi-même. Le déni des compétences sportives existe (comme dans les autres sports, on ne leur reconnaît pas facilement de talent sportif) et il est d'autant plus renforcé que les femmes n'accèdent que difficilement aux professions des sports équestres, hormis celle d'enseignant ­ avec le Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l'Éducation Populaire et du Sport ­ pour sa part largement féminisée (bien qu'assez récemment). Quand elles réussissent à être travailleuses des sports équestres, elles sont absentes des métiers liés à la compétition. Ou bien s'occupent-elles, en tant qu'enseignantes, des cavaliers les moins expérimentés quand les hommes enseignants encadrent les équipes de compétition et les cavaliers confirmés. N'occupant pas de positions d'expertise professionnelle ou bien placées en situation d'invisibilité, il leur est d'autant plus difficile d'être reconnues comme expertes compétentes sur un plan sportif... et donc d'accéder aux meilleurs chevaux. Des atouts peuvent venir compenser ces difficultés : être dotée d'un fort capital économique permet l'accès direct aux meilleurs chevaux, de même que pouvoir bénéficier du capital professionnel parental permet une initiation, une meilleure socialisation au monde des sports équestres et une aide précieuse dans l'accès aux chevaux à potentiel.

Bref, voilà quelques réponses apportées par les sciences sociales aux questions soulevées par le film. Reste à savoir si les regards scientifique et artistique du monde de l'équitation se rejoignent. Pour le savoir, rendez-vous au cinéma dès demain.

Bonne lecture et bon film !

PS : Marina Hands possède un compte Twitter (@MarinaHands) tout comme moi :-) (@lestrelin)

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jeudi 22 décembre 2011

Lectures de Noël

Il y a la bière de Noël. Et il y a les lectures de Noël... En effet, j'avais écrit, l'an passé à la même époque, un billet sur ce blog pour mettre en lumière quelques ouvrages (lire ici). Cette année, j'ai plutôt décidé de mettre l'accent sur quelques articles scientifiques publiés récemment, agrémentés d'une lecture grand public pour finir sur une idée de cadeau de Noël (si vous n'avez pas encore fait votre choix) tout à fait orientée. J'assume... ;-)

Revue StapsCommençons par signaler un article de Jérôme Berthoud et Rafaelle Poli paru dans le dernier numéro de la Revue STAPS. Son titre : "L'après-carrière des footballeurs professionnels en Afrique du Sud". Principalement basé sur des entretiens auprès d'anciens joueurs ayant accompli une carrière professionnelle dans leur pays, ce travail met l'accent sur les dynamiques sociales et culturelles propres au milieu du football sud-africain et sur leur impact au niveau du style de vie adopté par les joueurs pendant leur carrière, ainsi que sur les conséquences morales et matérielles de ces choix une fois la carrière de joueur terminée. Que deviennent les joueurs en fin de carrière ? Quels sont les éléments contextuels qui les rendent particulièrement vulnérables ? Cette recherche identifie trois éléments "socialisants" susceptibles de mettre en péril la préparation de l'après-carrière : le club, le milieu socioculturel et la famille dans lesquels les joueurs ont grandi.

CommunicationsLa revue Communications a consacré son dernier opus au travail. Dirigé par Thierry Pillon, ce numéro interroge le travail du point de vue de ceux qui le vivent au quotidien. A travers des exemples portant sur des activités très diverses et rarement étudiées jusqu'à présent, les auteurs, sociologues pour la plupart, donnent de l'expérience du travail une image qui, loin d'être univoque, en fait une activité complexe et riche, dont la part de créativité n'est jamais absente. Au sommaire, deux articles sur le sport : "Le physique de l'emploi" écrit par Oumaya Hidri, dans la continuité de ses travaux de thèse ; "Le professeur de fitness au travail : regard ethnographique en situation" par Lilian Pichot et Elodie Wipf

"Jouer au-dessus du vide. Les parcours acrobatiques en hauteur : une offre hybride de loisir sportif". C'est le titre de l'article de Ghislain Hanula, Maxime Travert et Jean Griffet dans le dernier numéro de la revue Ethnologie française. Cette recherche prend pour objet les "acrobranches", ces parcours dans les arbres qui se sont particulièrement développés au cours de ces dernières années aussi bien dans les montagnes qu'à proximité des villes. Les auteurs s'interrogent sur l'hybridation qui est au coeur de ces parcs proposant de fait une offre de loisir particulière. Ludiques, ces parcours sont accessibles aux enfants. Mais jouant aussi sur le registre du risque, des sensations de vertige, ils séduisent également des adultes qui s'amusent à se faire peur dans un cadre sécurisé.

So Foot HS SupportersGénération supporterC'est Noël et un peu de lecture plus grand public ne peut pas faire de mal. Le magazine So Foot consacre son dernier numéro hors-série aux supporters. Au programme, une sélection des meilleurs articles parus ces dernières années mais aussi des portraits, reportages et enquêtes exclusifs. 148 pages très complètes au prix modique de 5 euros. Mais surprise du chef, le hors-série peut aussi être acheté avec la réédition du livre "mythique" de Philippe Broussard Génération supporter, paru en 1990 chez Robert Lafont et épuisé depuis de nombreuses années ! Si vous vous laissez séduire par cette offre, il vous en coûtera seulement 9,90 euro.

lestrelin_publicEnfin, une idée de cadeau de Noël (même si le So Foot hors série couplé au livre de Broussard est déjà un cadeau en soi, je l'admets). Si vous n'avez toujours rien trouvé à offrir à votre cousin supporter de l'OM, à votre mamie grande lectrice de sociologie ou à votre tonton gégé fan du PSG (que vous vous plaisez à énerver), alors d'une chose, vous êtes très en retard et de deux, il y a dans tous ces cas un cadeau qui vous sortira de ce mauvais pas. Oui, il y a mon livre paru voilà maintenant un an aux éditions de l'Ecole des hautes études en sciences sociales ! Courez vite dans une bonne librairie ou sur le site des éditions. Il prend peu de place dans la hotte du Père Noël, se place facilement sous un sapin et remplira de joie vos proches !

Joyeux Noël à toutes et à tous.

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dimanche 18 décembre 2011

REDESP : Programme de l'année 2012

facade_stapsFondé en 2007 par Marion Fontaine et Peter Marquis, alors doctorants à l'EHESS, le Réseau des doctorants en études sportives, le REDESP, poursuit ses activités et son projet : offrir un espace d'échanges scientifiques pour de jeunes chercheurs travaillant sur le sport sous l'angle des sciences sociales (dans toute leur diversité). Ce réseau est animé aujourd'hui (et depuis un an) par Charles-Eric Adam et Mylène Douet-Guerin, deux doctorants menant une thèse de sociologie du sport au sein du GEPECS, laboratoire de l'université Paris Descartes. Les séminaires se tiennent le mercredi de 16h à 18h, à la faculté de STAPS de Paris-Descartes, au 1 rue Lacretelle dans le 15e arrondissement de Paris (métro et tramway Porte de Versailles), au 3e étage de la faculté, dans la salle du GEPECS.

Voici donc le programme pour l'année 2012.

- 18 janvier : Valérie Schwob (Université Paris-Descartes, GEPECS) « Nager une richesse culturelle ou approche comparée de l'enseignement de la natation Chine, France, Sénégal ».

- 1er février : Haifa Tlili (Université Paris-Descartes, GEPECS) « La réception des discours dominants en matière de santé et d'obésité. Le cas des jeunes femmes venant du Maghreb qui immigrent à Montréal : entre reproduction, paradoxes et négociation ».

- 21 mars : Youenn Riou (Laboratoire ESO, Le Mans) « Conflit n'est pas violence. L'apprentissage de la distance inter-individuelle dans le cours d'EPS et la cours de récréation : entre négociation et conflit d'espace ».

- 4 avril : Constantin Pompiliu (Université de Bucarest et de la Faculté des sciences politiques - Université Libre de Bruxelles) « Le star minoritaire comme héros national dans la Roumanie communiste ».

- 16 mai : Sylvaine Derick (CESPRA) « Conditions d'émergence de pratiques rituelles et de croyances chez des sportifs de haut niveau en athlétisme ».

- 30 mai : Hugo Juskowiak (Université d'Artois, Sherpas-CREHS) « La fabrication des footballeurs professionnels dans le Nord-Pas-de-Calais ».

- 6 juin : Peter Marquis (EHESS) « Les sports américains et la Grande Guerre ».

- 27 juin : Ludovic Teneze (Université Paris-Descartes GEPECS) « Football et guerre : similitudes oppositions complémentarités ».

Petite précision finale : ces séminaires sont totalement ouverts.

Bons travaux à toutes et à tous.

 

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dimanche 20 novembre 2011

De l'utilité des sports

Le 15 novembre dernier, le pure player Atlantico a mis en ligne une interview (reproduite ci-dessous avec leur aimable autorisation) que je leur ai accordée sur un sujet pour le moins original... Diantre ! Je crois bien que je n'aurais jamais imaginé en effet devoir causer de sociologie en réagissant sur le badminton, la Russie et le curling. Derrrière ces trois points, une interrogation commune : l'utilité d'un sport. On trouvera donc des éléments de réponse ci-dessous. Ils sont loin d'être exhaustifs. Sans doute était-il possible également de répondre autrement aux questions posées par le journaliste... J'ai pu toutefois parler de Norbert Elias, de la FSGT, de l'autonomisation du sport, de Mark Granovetter et de réseaux sociaux, de capital social.

Pour aller plus loin, voici quelques références que j'avais en tête lors de l'interview.

Sport et civilisationsport et ordre publicSociologie du sportSociologie des reseaux sociauxLes réseaux sociauxcapital social

Voir aussi ce billet paru sur le blog de Denis Colombi "Une heure de peine".

Publié le 15 novembre 2011

Le badminton ? Un sport de combat !

Le ministère de la Défense russe va s'équiper de 10 000 raquettes de badminton pour entraîner ses tireurs d'élite. "C'est un sport qui aide à régler tout un tas de problèmes dans la vie" selon Vladimir Poutine

Le badminton, un vrai sport de soldat.

Le badminton, un vrai sport de soldat. Crédit Reuters

Atlantico : L'armée russe va s'équiper d'un nombre considérable de raquettes de badminton pour entraîner ses tireurs d'élite. Elle justifie ce choix en indiquant qu'il s'agit d'un sport "utile". En quoi le badminton est-il "utile" ?

Ludovic Lestrelin: Le sport peut renvoyer à plusieurs niveaux d'utilité, si l'on peut s'exprimer ainsi, et plusieurs formes d'utilité. Cela peut être une ou des utilités sur un plan individuel (bien-être, détente, socialisation, les finalités peuvent être diverses), mais aussi des utilités collectives, à dimension sociale, politique, économique, etc. L'utilité d'un sport ne se réduit pas à une utilité économique, à de la valeur marchande.

Le fait de penser le sport sous un angle utilitaire n'est pas nouveau. Dans l'exemple que vous évoquez, en l'occurrence utiliser le badminton pour la formation des tireurs d'élite de l'armée russe, il y a un schéma de pensée qui n'est pas neuf, celui de la transversalité : le sport permettrait des apprentissages que l'on pourrait transférer dans d'autres situations et d'autres contextes, hors des terrains sportifs. Rien d'original ici. Prenez, par exemple, le monde de l'entreprise qui se calque, depuis les années 1980, sur le monde sportif. C'est le même raisonnement. N'a-t-on pas vu, en 2007 à la suite de la coupe du monde de rugby organisée en France, des agences de conseil proposer des séminaires de motivation de cadres de grandes entreprises autour des valeurs de ce sport ?

Par ailleurs, il n'est plus rare de voir de grands entraîneurs de football, de handball, faire des conférences lors de séminaires d'entreprises autour du thème du management d'équipe par exemple. C'est vrai aussi pour de grands champions qui peuvent faire des conférences autour de la performance. On peut s'interroger sur la pertinence de ces analogies, mais force est de constater que c'est devenu une chose assez banale. S'agissant du badminton et du tir, le transfert ne saute pas immédiatement aux yeux. Mais sans doute peut-on considérer que le badminton développe des compétences utiles à la pratique du tir de précision. Je suppose que c'est l'hypothèse faite par les décideurs militaires russes.

Si ce sport est si utile que ça, pourquoi sa pratique en France reste-t-elle si marginale ?

La question renvoie à divers éléments. L'attrait pour une pratique sportive ne se fonde pas sur un calcul utilitariste : avant de pratiquer et de "choisir" une discipline sportive, les gens ne se posent pas la question de savoir si celle-ci est utile ou non. En outre, de puissantes logiques sociales orientent les goûts et les dégoûts en matière de sports et pèsent sur les modalités de pratique d'un même sport. Il existe plusieurs manières de pratiquer une même discipline, des luttes autour de la définition de la bonne manière de pratiquer. Et tout cela est largement influencé non pas par des questions d'utilité mais des enjeux de distinction, de distance sociale. Cela a été montré depuis longtemps par les sociologues du sport. Enfin, je ne suis pas certain que le constat selon lequel la pratique du badminton en France est marginale soit juste. Certes, le badminton ne fédère pas de très nombreux licenciés en comparaison d'autres fédérations sportives. C'est toutefois une activité sportive très pratiquée en milieu scolaire et dans un contexte de loisir, sans encadrement fédéral. Dans ce dernier cas, la notion de plaisir est très importante.

D'une certaine manière et selon une logique d'accomplissement personnel, une activité qui procure du plaisir peut être considérée comme une activité utile sur un plan individuel. Le pratiquant attend quelque chose du sport qu'il pratique. Cela peut donc être le plaisir de la dépense physique. Il peut exister d'autres motifs. Bien souvent, la pratique d'une activité physique et sportive est aujourd'hui motivée par un souci de soi, un souci du corps.

N'est-ce pas étrange de parler de sport "utile" ? Qu'est-ce que cela raconte sur la conception qu'a notre société à l'égard du sport ?

Cela n'a rien d'étrange et n'est pas propre à notre époque. Cela renvoie à une histoire ancienne. Le sport et les formes d'activités physiques très en vogue au XIXe siècle (les gymnastiques) ont d'abord été pensés sous l'angle de leur utilité. Les finalités étaient principalement disciplinaires, éducatives et hygiénistes : former des hommes forts, développer une morale, éduquer la jeunesse, former l'élite de la Nation, ou encore lutter contre l'alcoolisme et la tuberculose (aujourd'hui ce serait l'obésité), etc.

De nombreuses institutions se sont emparées des sports : armée, école, religion, entreprises, partis politiques, syndicats, etc. Ces institutions ont toutes été intéressées par la pratique sportive. Cela a donné ce que l'on a appelé le sport affinitaire. Dominante dans la première moitié du XXe siècle, cette forme de sport ne se contentait pas du sport en quelque sorte et visait des buts sociaux, idéologiques qui dépassaient la seule ambition sportive. Les mouvements sportifs catholiques ont été très puissants jusqu'à la seconde guerre mondiale. Ce sport affinitaire existe encore aujourd'hui. La FSGT est une grande fédération qui puise ses racines dans l'histoire du sport ouvrier. 

Mais ce sport utilitaire, arrimé à des objectifs plus larges, a vite été concurrencé au cours du XXe siècle par une autre logique, celle du "sport pour le sport". Ce courant qui valorise la compétition, le spectacle de la performance s'impose peu à peu. Dans les années 1950 et 1960, c'est lui qui s'impose et on assiste à un renversement total : le sport devient souverain, autonome par rapport aux institutions militaires, scolaires et médicales, et capable d'imposer ses propres principes. Ce qui explique sans doute que l'on puisse être aujourd'hui surpris par le fait de parler d'un sport utile. C'est simplement que l'on a oublié que le sport pouvait être autre chose qu'un spectacle de la performance, uniquement centré sur des enjeux proprement sportifs, et autre chose qu'un simple délassement.

En étant utile, le sport ne perd-il pas son aspect ludique ?

Le sport peut être les deux : utile et ludique. On touche là en fait à une question épineuse, qui est celle de la définition du sport. Norbert Elias avait cette formule pour définir le sport : "un jeu sérieux". Le sport est un jeu sérieux... L'oxymore est intéressant : c'est à la fois de l'ordre du ludique, mais cela renvoie aussi à autre chose. Des règles, une organisation, de la professionnalisation, etc. N'oublions pas que le sport peut devenir un travail pour certains pratiquants. Sans aller jusque-là, de nombreux pratiquants qui s'investissent dans un sport sont peu à peu amenés à toucher à des formes de rationalisation de leur pratique. Ne serait-ce que parce qu'ils s'engagent dans des formes de préparation physique, de planification, etc. (En savoir plus sur ce sujet...)

D'autres sports ne sont-ils pas plus adaptés à des besoins militaires ?

Je ne sais pas... Sans doute. On pense immédiatement aux sports de duels, de combat. On pense aussi à la natation. Toujours est-il que le sport peut servir pour la préparation à la guerre. C'est en tous les cas ce qu'ont longtemps pensé les autorités. En France, le sport était encore rattaché il y a peu au ministère de la Santé. Il n'est pas inutile de rappeler qu'au début du XXe siècle et jusque dans les années 1920, le sport est rattaché au ministère de la Guerre. Des hommes issus de l'Armée, d'anciens combattants dirigent alors le sport. Celui-ci est donc très lié à des questions de défense nationale. C'est très vrai au XIXe siècle et au début du XXe siècle en France. Visiblement, en Russie, c'est encore très vrai aujourd'hui.

L'armée française doit-elle suivre l'exemple de son homologue russe ?

Je me garderais bien de donner quelque conseil à l'armée française.

Une dernière question : prenons un sport très marginal comme le curling. Est-il lui-aussi "utile" à quelque chose ?

Le curling est un loisir comme un autre. A ce titre, il remplit une "utilité", des utilités. Chaque pratiquant y trouvera des choses utiles. A un niveau plus large, le curling peut même être économiquement utile. Ce n'est pas parce que cette activité n'est pas productive qu'elle n'est pas utile. Que font les gens pendant une partie de curling ? Ils se rencontrent, ils discutent de nombreux sujets, en dehors même du sujet du curling. Les gens élargissent ainsi leur horizon : ils parlent avec des gens qui ne sont peut-être pas ceux qu'ils côtoient le reste du temps. Donc ils créent des "ponts", comme le dirait le sociologue Mark Granovetter, c'est-à-dire des liens qui mettent en contact des individus venus d'horizons divers. Des liens qui permettent de faire passer de l'information.  

Le pratiquant de curling va sortir de son petit réseau proche pour s'ouvrir vers d'autres réseaux, il va discuter, peut-être d'emploi, d'opportunités de travail. Tout ceci est très utile, dans une société, sur un plan économique. Par ailleurs le pratiquant s'intègre, s'engage auprès d'autres individus. Autour de la pratique du sport, il y a aussi des liens qui peuvent devenir amicaux. Au bout d'un certain temps, tout pratiquant est autant attaché à son sport qu'aux personnes avec lesquelles il pratique. La pratique sportive favorise donc de la réciprocité entre des individus, de la confiance. Or la confiance, c'est fondamental dans toute société. C'est même un principe de base de tout échange économique.

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samedi 22 octobre 2011

Le rugby ou la rationalisation du sport

220px-Webb_Ellis_Cup_2011_RWCDemain, l'équipe de France de rugby jouera la finale de la 7e coupe du monde contre les célèbres All Blacks dans le stade "mythique" d'Auckland : l'Eden Park, un nom si chargé de symbole qu'il a été donné d'ailleurs à une marque de vêtements créée par d'anciens rugbymen à la fin des années 1980. Cette finale de 2011 sera-t-elle le remake de la première finale de 1987 jouée dans le même lieu entre les deux mêmes équipes (victoire 29 à 9 des Blacks contre les Bleus) ? Les Français soulèveront-ils pour la première fois  de leur histoire la coupe Webb Ellis ? Nous le saurons bientôt.

Dans un très intéressant livre de 2010 intitulé La sociologie sur le vif, que je qualifierais volontiers d'invitation à la sociologie (et conforme à cet égard aux objectifs de ce blog), le sociologue Cyril Lemieux consacrait une courte analyse à la popularité du rugby, un sport devenu professionnel en 1995 seulement, mais marqué néanmoins depuis par le développement sensible de sa mise en spectacle. Il concluait son propos ainsi :

"En définitive, on pourrait aller jusqu'à dire que le rugby est un sport de moins en moins populaire, si l'on entend par "populaire" un sport que tout le monde peut pratiquer. Il est une activité sportive de plus en plus professionnelle, c'est-à-dire de plus en plus rationalisée et pilotée par les logiques de préparation scientifique et biomédicale, du marketing et de la communication de masse. Un sport dont le haut niveau est donc de plus en plus inaccessible au commun des mortels en tant que pratique, au fur et à mesure qu'il devient de plus en plus accessible en tant que spectacle" (p. 259).

Voilà une invention qui ne contredira pas les propos de Cyril Lemieux : le simulateur de mêlée. Un intéressant reportage posté au début du mois de septembre sur l'excellent site d'Universcience.tv, et que l'on trouvera ci-dessous, présente l'appareil, l'utilisation qui en est faite par le centre national du rugby français. On y apprend que le simulateur, très perfectionné, a fait l'objet d'un dépôt de brevet par la fédération française de rugby et l'industriel Thalès. Sont invités à s'exprimer un biomécanicien, un ingénieur, un spécialiste des neurosciences. Certes le simulateur est, je cite, "pensé comme un outil de recherche et de prévention" (les applications extra-sportives sont bien évoquées à la fin du reportage. Pour ce qui est de la prévention, il s'agit des blessures cervicales). Bien évidemment, il est aussi un formidable "outil d'entraînement" permettant aux joueurs, jeunes en devenir, talents déjà confirmés, de se perfectionner et de travailler. C'est alors la rationalisation poussée des techniques d'entraînement propres au sport de haut niveau d'aujourd'hui qui apparaît à l'écran.


Rugby : une mêlée plus vraie que nature

Source : Universcience.tv "La WebTV scientifique hebdo" (newsletter sur inscription gratuite possible)

Sur le sujet de la professionnalisation du rugby, sa spectacularisation et sa réception par le public, il faut lire l'article d'Andy Smith, politologue à la FNSP, paru dans la revue Politix en 2000 intitulé : "Comment le néolibéralisme gagne sur le territoire ? A propos de quelques transformations récentes du rugby". L'article est téléchargeable au format PDF en cliquant ici.

Plus largement, plusieurs chercheurs en sciences sociales ont consacré des travaux au rugby. Quelles questions se sont-ils posés ? Celles de l'implantation et de la diffusion spatiales d'abord. Elles concernent aussi bien l'historien, le géographe, le sociologue que l'anthropologue : pourquoi le rugby s'est-il ancré dans le Sud-Ouest ? Comment ? Via quels acteurs ? Aujourd'hui, que fait la mondialisation au rugby, un sport historiquement si territorialisé ? Classiquement en sociologie, science des écarts, la distribution sociale des goûts sportifs compose une part importante des questionnements : qui (socialement) sont ceux qui pratiquent le rugby et l'apprécient ? Le choix du rugby n'est-il pas devenu une stratégie parentale d'évitement face au football et à ses pratiquants ? La question de ses fonctions est également abordée, à travers l'analyse des clubs, de la sociabilité autour du rugby du dimanche, de son inscription dans une culture locale. La question des rapports sociaux de sexe est fort intéressante : dans quelle mesure le rugby, "fief de la virilité", participe-t-il de la construction du masculin et du féminin ? De quelle masculinité ? De quelle féminité ? Les questions de sa spectacularisation, du rôle de la télévision, de son suivi par les "fans" en sont d'autres. J'en oublie...

Voici une liste non exhaustive de travaux. Classés par ordre chronologique, ils se posent comme une belle entrée en matière :

- Christian Pociello, Le rugby ou la guerre des styles, Paris, Métailié, 1983.

- Sébastien Darbon, Rugby, mode de vie. Ethnographie d'un club Saint-Vincent-de-Tyrosse, Paris, Jean-Michel Place, 1995.

- Sébastien Darbon (dir.), Rugby d'ici. Une manière d'être au monde, Paris, éditions Autrement, 1999.

- Anne Saouter, Etre rugby. Jeux du masculin et du féminin, Paris, éditions de la Maison des sciences de l'homme, 2000 (Anne Saouter a écrit également un article intitulé "La maman et la putain" dans un numéro de la revue Terrain paru en 1995)

- Andy Smith, La passion du sport. Le football, le rugby et les appartenances en Europe, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2001.

- Le dictionnaire culturel du sport paru l'an passé (2010) chez Armand Colin consacre plusieurs entrées au rugby.

Bonne lecture, bon match !

PocielloDarbon 1995Darbon 1999SaouterSmithDictionnaire

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dimanche 9 octobre 2011

Football et Droit : un colloque à Rouen

logo_urMercredi 12 octobre, un colloque est organisé à l'université de Rouen sur le thème "Football et Droit". Le programme de la journée est dense et fort intéressant. On peut le trouver en suivant le lien ici, ou bien ci-dessous. Personnellement, j'interviens en début d'après-midi avec un papier intitulé : "Droit et radicalisation de la politique de contrôle du supportérisme en France et en Europe".

Petit topo de cette journée : le thème de ce colloque original a de quoi surprendre, car il réunit deux mondes a priori très différents. Pourtant, le football et le droit ont un point commun : chacun obéit à la logique de la loi du plus fort. En conséquence, les interactions qui existent entre les deux reposent sur une logique similaire. D’un côté, le droit encadre le football, d’autant plus que la juridictionnalisation des litiges sportifs est en plein essor. De l’autre, le football entend imposer, peut être plus que toute autre discipline, l’idée de spécificité sportive au plan juridique. Cette journée est l’occasion de comprendre les relations multiples et complexes qu’entretiennent le football et le droit à travers les règles de sources privée, nationale et européenne. Ce colloque est organisé par l’association JURISART qui regroupe les docteurs et doctorants en droit de l’Université de Rouen, sous l’égide de la faculté de Droit, Sciences Economiques et Gestion et, de la faculté des Sciences du Sport et de l’Education Physique

FootballDroit présentationFootballDroit-Programme

Informations pratiques : le colloque se déroule sur le site Pasteur de l'université de Rouen, au sein de la faculté de droit, sciences économiques et de gestion (photo ci-dessous). Début de la journée : 9h ; fin : 17h30.

RouenFacDroitAtaubContact : jean-baptiste.pointel@univ-rouen.fr

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jeudi 29 septembre 2011

Un séminaire sur le football à l'ENS : de l'illégitimité à la légitimité de la recherche sur le sport

Logo-EnsCette semaine, mercredi 5 octobre précisément, s'est tenue la première séance d'un tout nouveau séminaire intitulé "Football et Société en France. Histoire et sociologie d'une pratique sportive au XXe et XXIe siècles". Animé par le sociologue Stéphane Beaud, auteur de l'ouvrage sur l'équipe de France de football Traîtres à la Nation ? publié chez La Découverte (chroniqué sur ce blog, ici) et Julien Sorez, historien, coauteur de l'ouvrage L'empire des sports paru chez Belin en 2010 (chronique sur ce blog, ici), ce séminaire se déroule au sein de la prestigieuse Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm. Douze séances de deux heures rythmeront l'année entre les mois d'octobre et de janvier. Le programme est alléchant : presse écrite, socialisation, patronage et paternalisme, spectacularisation, violence, genre, immigration... S'adressant aux étudiants de Master, nul doute que, s'il perdure, ce séminaire deviendra un rendez-vous important pour réfléchir au football sous l'angle des sciences sociales. Les organisateurs du séminaire se donnent ainsi pour objectif "de lancer un ensemble de travaux empiriques de « sociohistoire » du football et d’accompagner dans leurs travaux les étudiants intéressés".

Qu'un tel séminaire se mette en place à l'ENS permet de mesurer le chemin parcouru.

Il fut un temps où, en effet, travailler sur le sport était peu légitime et difficilement justifiable dans la commauté scientifique. Qu'un sociologue, un historien, un anthropologue, un économiste, bref un chercheur en sciences sociales prenne pour terrain d'étude les sports paraissait bien incongru. Le sport... voilà en apparence un sujet bien frivole, futile ou exotique, choisissez l'adjectif idoine. Car il existe une longue tradition philosophique qui nous rappelle que les activités ludiques - catégorie dans laquelle on peut bien évidemment ranger le sport (même si son développement récent devrait nous inciter à parler de manière plus précise de "jeu sérieux" pour reprendre la formule célèbre de Norbert Elias) - bref que les activités ludiques ont pour fonction première de nous divertir de l'essentiel, non pas de l'exprimer, encore moins de le révéler. Ainsi d’Umberto Eco, qui écrit en 1987 : « La société s’équilibre elle-même en encourageant des millions de personnes à parler sport. Pourvu qu’elles ne parlent pas d’autres choses, ce qui est très commode ». Saisir les sociétés ou les cultures grâce à l'étude du sport ? Ce n'est point sérieux ! 

Que dire alors du football ? Souvent qualifié de "simple" pour expliquer son succès planétaire - une manière aussi de dire qu'il s'adresse à des gens simples voire simplets -, ce sport n'a rencontré les intellectuels que récemment, du moins en France, malgré l'intérêt avéré d'hommes de culture d'autrefois (on pense à un Camus, par exemple). Finalement, les intellectuels français (les plus médiatiques notamment) ont semblé découvrir le football à l'occasion de la coupe du monde de 1998 (engouement - tout relatif - que certains ont cru bon de qualifier de défaite ou de recul de la pensée). Et cet intérêt finalement très récent, si on le compare à d'autres pays européens, peut expliquer pourquoi les discours et les prises positions s'avèrent parfois pour le moins surprenantes voire totalement ridicules (on pense là à un Finkelkraut) lorsque des intellectuels, certes renommés, pertinents sur certains sujets, sont amenés à s'exprimer sur le football à l'occasion de tel scandale ou de telle polémique (on pense à la calamiteuse coupe du monde en Afrique du Sud, à l'affaire des quotas, etc.). On peut donc y voir un signe de la faible maturité de la pensée sur ce sujet. On peut même estimer que la raison pour laquelle nos élites rencontrent des difficultés à le penser, tout au moins de manière pertinente, tient au fait que la France n'est pas un grand pays de football.

EliasOr, on peut dire des choses très sérieuses et profondes sur notre époque et sur nos sociétés en travaillant sur le football (et plus largement le sport). Voilà une maxime qu'ont sans aucun doute considéré comme recevable des chercheurs qui se sont engagés dans un tel travail, tout en bravant les railleries de leurs collègues... Prenons trois exemples issus de champs disciplinaires différents (mais néanmoins liés) : l'histoire, la sociologie, l'anthropologie. En France pour ce qui est de l'histoire, Pierre Arnaud a commencé à défricher la question sportive dans les années 1970-1980. Alfred Wahl, lui, s'est intéressé plus spécifiquement au football et a signé des ouvrages qui ont fait date et qui restent très lus aujourd'hui (cf. les illustrations en bas de ce billet). Sport et civilisationEn sociologie, plusieurs chercheurs réunis autour de Pierre Bourdieu ont produit des travaux dès les années 1970. On pense à Jacques Defrance (voir aussi ici et ), Christian Pociello. Il y en a d'autres. Mais pour les sociologues comme pour les historiens d'ailleurs, qu'un intellectuel aussi important que Norbert Elias s'intéresse au sport a été décisif. Publiant avec Eric Dunning un ouvrage dans les années 1980, traduit en France au début des années 1990 sous le titre Sport et civilisation. La violence maîtrisée (recension ici), son travail aura une influence considérable (plusieurs chapitres sont consacrés au football). "La connaissance du sport est la clé de la connaissance de la société"... Cette phrase du livre d'Elias et Dunning est passée depuis à la postérité. Il faudrait d'ailleurs faire un petit recensement de son utilisation dans les travaux des chercheurs aujourd'hui : le résultat serait sans doute surprenant. En anthropologie, à partir des années 1980, les travaux menés par Christian Bromberger (lui-même s'inspirant d'un Clifforfd Geertz s'intéressant... au combat de coqs à Bali en le considérant comme "un jeu profond") sur l'engouement populaire autour du football ont marqué aussi un tournant. Toutes ces recherches ont permis de légitimer l'objet football. On peut aujourd'hui questionner, remettre en cause ces travaux, c'est la logique même de la science, mais leurs recherches ont été fondamentales pour de nombreux étudiants, devenus chercheurs aujourd'hui, qui ne se seraient pas engagés dans l'étude du sport si certains prédécesseurs ne leur avaient pas ouvert la voie.

L'organisation de colloques, de congrès, de sociétés savantes, de cursus universitaires (autour des STAPS d'abord) sont autant d'indicateurs de l'institutionnalisation de ce champs d'études. Plusieurs autres signes récents montrent sa légitimation toujours plus grande :

- l'existence depuis plusieurs années d'un séminaire sur la performance sportive à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) autour de Patrick Mignon (il y en avait un deuxième auparavant, autour du spectacle sportif, mais il a disparu depuis deux ou trois ans) ;

- l'existence depuis 2005 d'un séminaire d'histoire du sport organisé par Patrick Clastres et Paul Dietschy au Centre d'histoire de Sciences-Po Paris ;

L'Ecole Normale supérieure, temple du savoir, a donc désormais son séminaire consacré au football. Il viendra un jour où un colloque sur le sport, peut-être un cycle de cours, qui sait, se tiendra au collège de France...

La balle au piedLes archives du footballLes footballeurs professionnelsLe match de football

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mercredi 28 septembre 2011

Le Grand Prix de l'UCPF

logo ucpfDemain jeudi 29 septembre, vers midi, à Paris dans le XVIe arrondissement, aura lieu la remise du Grand Prix de l'Union des clubs professionnels de football, plus connue sous son acronyme "UCPF" (voir le site en cliquant ici). Créé en 1990, travaillant avec la Ligue de football professionnel, cette organisme, unique représentant en France des employeurs de football professionnel, est présidé depuis 2008 par un Havrais, Jean-Pierre Louvel (par ailleurs président du HAC), et est dirigé par Philippe Diallo.

grand-prix-ucpfDepuis quelques années maintenant, l'UCPF organise donc chaque saison un concours littéraire organisé autour de deux catégories : la catégorie "Grand public" destinée aux oeuvres littéraires ayant pour thème le football ; la catégorie "Recherche" destinée aux travaux universitaires et scientifiques prenant pour objet le football professionnel. Il y a donc deux Grands Prix en réalité (tous les renseignements sur ce concours sont disponibles ici). Le jury qui choisit les heureux élus est composée de diverses personnalités : Michèle Cotta (journaliste, ancienne Présidente de la Haute Autorité de l’Audiovisuel), Estelle Denis (journaliste), Marc Tessier (Ancien Président de France Télévision), Jean-François Lamour (Député de Paris, ancien Ministre des sports), Pascal Boniface (Directeur de l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques), Jean Levy (ancien Ambassadeur), Hubert Artus (journaliste), Sylvain Bourmeau (journaliste) et le regretté Paul Yonnet (sociologue. Voir le billet qui lui a été consacré il y a un mois sur ce blog ici).

Eloge du mauvais gesteDans la catégorie Grand Public, c'est le livre, publié aux éditions du Nil, d'Ollivier Pourriol intitulé Eloge du mauvais geste qui a été élu. Véritable "petite métaphysique du foot" pour reprendre un article paru dans Le Monde en juin 2010, cet ouvrage écrit par un normalien, agrégé de philosophie (page wikipédia ici) prend pour sujet six exemples de "mauvais gestes" (main de Maradona en 86, coup de boule de Zidane en 2006, coup de pied de Cantona contre un supporter en 95, etc.) et livre une réflexion pleine d'intelligence en convoquant les grands philosophes.

Livres en concours Grand Prix UCPFDans la catégorie Recherche, plusieurs ouvrages étaient en compétition. Michel Raspaud, Tado Oumarou et Pierre Chazaud, Ulrich Pfeil, Claude Boli, Yvan Gastaut et Fabrice Grognet étaient les collègues concernés. C'est mon livre qui a été choisi et j'en suis très honoré (voir par ailleurs l'article de Nicolas Ksiss-Martov sur le site Internet de So Foot). Paru aux éditions de l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) en novembre 2010, l'ouvrage est intitulé L'autre public des matchs de football. Sociologie des "supporters à distance" de l'Olympique de Marseille.

couverture ouvrage lestrelin EHESSBien plus qu'un livre sur l'OM, il s'agit d'un travail qui a pour ambition de renouveler le regard porté sur les publics et les spectacles sportifs en prenant pour objet les supporters extraterritoriaux qui participent à l'engouement local pour les clubs de football. Ce faisant, c'est une transformation importante et massive d'un des principes clés du spectacle sportif, l'identification, qui est ici questionnée et analysée. Et c'est la question de la construction des collectifs dans l'espace géographique qui est aussi soulevée (comment faire "communauté" autour d'un objet d'identification - ici un club de football - quand les "partisans" sont dispersés géographiquement, en France et de par le monde ?).

twitter_iconLa cérémonie de remise des prix fera l'objet d'un "live tweet" depuis le compte Twitter de mon collègue maître de conférences à l'université de Caen Basse-Normandie, Boris Helleu (@bhelleu), qui sera présent dans la salle. Voir ci-dessous :

https://twitter.com/#!/bhelleu

Voici quelques photos prises aujourd'hui.

Auteurs primésVincent Labrune et Jean-Pierre Louvelprix ucpf

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dimanche 18 septembre 2011

Le supportérisme par le prisme de la sociologie de la mobilisation

Science po lilleVendredi 23 septembre, le département de Sciences politiques de l'université de Lille 2 et le Centre d'études et de recherches Administratives, Politiques et Sociales (CERAPS UMR 8026) organisent une journée d'étude intitulée : "La sociologie des mobilisations : objets légitimes, méthodes consacrées et objets oubliés".

Le programme complet est consultable et téléchargeable sur la page du CERAPS ici ou

La matinée sera consacrée à une première partie : "Penser la sociologie des mobilisations par ses marges". C'est là que s'insère la communication que je présenterai (co-écrite avec Jean-Charles Basson, qui ne pourra etre présent), intitulée : Le supportérisme comme mouvement social. Bien évidemment, vous l'aurez deviné, les supporters de football font plutot partie de la catégorie "objets oubliés". C'est qu'on ne retient, bien souvent, de cette activité soit : 1) sa dimension "délassante" (ce qui conduit à comparer le supportérisme à d'autres activités de loisir et passe-temps divers) ; soit : 2) son potentiel violent et destructeur (le hooliganisme...). Il y a pourtant d'autres voies, une troisième en l'occurence que l'on peut alimenter par les outils et concepts de la sociologie politique. Ainsi, j'essaierai de montrer dans quelle mesure les supporters de football sont un objet qui intéresse la sociologie des mobilisations et pourquoi cette lecture du monde des tribunes peut s'avérer intéressante et heuristique, une option que je tente de suivre et défendre depuis mes années de thèse. C'était aussi le fil rouge de la communication réalisée lors du dernier congrès de l'Association française de sociologie qui s'est tenu à Grenoble, en juillet dernier (voir ici). 

La journée débute à 9h30 et s'achève vers 17h. 

Lieu de l'événement : 1 place Déliot, 59000 Lille, Métro Porte de Douai

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lundi 12 septembre 2011

Lectures de rentrée

XXe siècleC'est la rentrée, vous aimeriez bien lire des sciences sociales traitant du sport mais vous ne savez pas vraiment quoi ? Et bien voici que deux revues scientifiques francophones prestigieuses, la revue d'histoire Vingtième siècle et la revue de géographie Les Annales de géographie, ont consacré leur dernier numéro au sport. Ces parutions ont pu passer un peu inaperçues car elles se sont produites durant l'été... Ce billet a donc pour modeste objectif de mettre en lumière ces apports nouveaux à l'édifice des connaissances... Relevons d'abord que, si les articles traitent de sujets en apparence variés, il est néanmoins possible de déceler un fil rouge. Ainsi, les deux numéros ont pour point commun de s'atteler à penser la mondialisation du sport, processus caractéristique du fait sportif, son déploiement dans le temps et l'espace. 

Réunis autour de Paul Diestchy, dont j'ai déjà ici évoqué le travail, les historiens se sont particulièrement intéressés au football. Le numéro de Vingtième siècle est ainsi intitulé "Le foot, du local au mondial". Outre Paul Diestchy, qui signe le texte de présentation et un papier sur le football et la nation, on pourra lire des articles signés de Bruno Dumons (le football dans la ville à travers le cas de Saint-Etienne), Marion Fontaine (football et mobilisations politiques dans les Mines), Fabien Archambault (le football à Trieste de 1945 à 1954) et de Julien Sorez (le football et la fabrique des territoires). Les Annales de géographie

Les géographes, quant à eux, ont intitulé le numéro des Annales de géographie : "cultures sportives et géographie". Jean-Pierre Augustin en a été le coordonnateur. Il signe un papier introductif ("introduction : le sport attracteur d'organisation sociale et intermédiaire de la mondialisation"), un autre au titre suggestif (Qu'est-ce que le sport ? Cultures sportives et géographie). Les autres contributeurs sont Loic Ravenel (Une approche géomarketing du sport), Fabrice Escaffre (Espaces publics et pratiques ludo-sportives : l'expression d'une urbanité sportive), Pacal Gillon (Une lecture géopolitique du système olympique), Philippe Bourdeau et al. (Les sports de nature comme médiateurs du "pas de deux", ville-montagne. Une habitalité en devenir ?).

Bonne lecture.

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Rentrée universitaire 2011-2012

Logo_UFR_STAPS_Caen

Depuis lundi dernier la rentrée universitaire est effective. Pour cette année 2011-2012, voici les enseignements que je dispense à l'Ufr Staps de l'Université de Caen Basse-Normandie : 

Licence
1. Anthropologie sociale (TD, L1)
2. Secteurs du loisir et du tourisme sportifs (CM/TD, L2/L3 "Management du sport") - coordonnateur
3. Introduction à l'économie du sport (CM, L3 Tronc commun)
3. Economie du tourisme sportif (CM, Licence professionnelle "Métiers de l'eau")
4. Séminaires méthodologiques (TD, L3)

Master 1ère année
5. Analyse des réseaux sociaux et de la complexité (CM/TD, Tronc commun) - coordonnateur
6. Sports, spectacles, publics et médias (CM/TD, "Management du sport") - coordonnateur
7. Analyse des risques sportifs et gestion de la sécurité (CM/TD, "Management du sport") - coordonnateur
8. Evénementiels sportifs : organisation & communication (CM/TD, "Management du sport")
9. Méthodes et démarches de recherche (CM, parcours recherche)

Master 2ème année
10. Métiers du conseil et des études dans le sport (CM, "Management du sport") - coordonnateur
11. Méthodologie des études et des actions (CM, "Management du sport") - coordonnateur
12. Enjeux internationaux (CM, "Management du sport") - coordonnateur
13. Sport et tourisme (CM, "Management du sport") - coordonnateur

Responsable du Master 1ère année "Management du sport"
Encadrement de mémoires professionnels/recherche

Bonne rentrée à toutes et à tous.

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vendredi 26 août 2011

Paul Yonnet : 1948-2011

761976Après quelques semaines d'inactivité pour cause de vacances, j'aurais aimé reprendre autrement l'écriture de billets sur ce blog. Mais l'actualité des sciences sociales en lien avec la question sportive impose de rendre ici hommage à Paul Yonnet, sociologue, décédé le 19 août 2011.

Né à Paris, ayant fait une partie de ses études de sociologie à l'université de Caen Basse-Normandie, contributeur régulier de la revue Le Débat, il a occupé une position singulière, hors du giron universitaire (dont les luttes d'égo et les enjeux de pouvoir le fatiguaient, selon ses mots) : il fut durant toute sa carrière professionnelle sociologue à l'Union nationale des affaires familiales (UNAF). Parmi les nombreux sujets dont il se saisit au cours de sa carrière, le sport et les loisirs figurent en bonne place. Dès les années 1970, il s'intéresse en effet au jogging et au tiercé. Cela donnera l'ouvrage Jeux, modes et masses, paru en 1985 chez Gallimard. On trouvera d'ailleurs une courte fiche de lecture de ce livre sur le site de l'ENS-LSH de Lyon

9782070753727Plus tard, il écrit plus spécifiquement encore sur le sport. Parmi les multiples travaux, articles, retenons deux ouvrages principaux parus chez Gallimard (dans la bibliothèque des Sciences Humaines) : Systèmes des sports (1998) - au pluriel pour distinguer deux systèmes, celui du sport d'élite et celui du sport de masse - et Huit leçons sur le sport (2004). On en trouvera des recensions ici (Sciences Humaines) et (L'Histoire).

Deux ouvrages dans lesquels il s'interroge sur la place du sport dans nos sociétés contemporaines, le sens de ce phénomène social, l'articulation entre sport d'élite et sport de masse, le spectacle sportif (dont il relie le succès à la crise du politique et des idéologies), le dopage... Tout récemment, en 2010, il avait livré une analyse de l'état du football en prenant comme porte d'entrée la fameuse main de Thierry Henry contre l'Irlande, qualifiant l'équipe de France pour la coupe du monde en Afrique du Sud.

Huit leçons sur le sportJe l'avais cotoyé à de rares reprises. Je me souviens notamment d'un colloque à Bruxelles en 2005 consacré aux identifications sportives où il avait livré une analyse pertinente. Courtois, modeste, curieux, il restera un sociologue qui compte quand on s'intéresse au sport. 

Plusieurs articles lui ont été dédiés récemment dans la presse, dans L'Express, Marianne2, Livreshebdo, La Croix mais aussi Politique Autrement. Enfin, nul doute que la revue Le Débat lui rendra hommage dans un prochain numéro...

Crédits photographie : J. Sassier/Gallimard 

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samedi 23 juillet 2011

L'autre public... une recension de l'ouvrage

L'autre publicAlors que mon ouvrage est paru aux éditions EHESS le 25 novembre 2010, voici venu le temps des recensions dans les revues scientifiques. Voici en tous les cas la première à ma connaissance et elle est l'oeuvre de Julien Fuchs, maître de conférences à l'université de Bretagne occidentale (Brest) et spécialiste des mouvements de jeunesse, et prend place dans le dernier numéro de la revue Agora Débats Jeunesse (n°58, vol. 2, 2011, pp. 127-128). 


Je la reproduis ci-dessous. Il est aussi possible de télécharger toutes les recensions parues dans ce numéro, ici au format PDF : Comptes_rendus_Agora_58


Ludovic lestrelin, L’autre public des matchs de football. Sociologie des supporters à distance de l’Olympique de Marseille, Éditions de l’EHESS, Paris, 2010, 381 p., 26 €

couv_Agora58L’objet de recherche de Ludovic Lestrelin, dans ce livre issu d’une thèse de doctorat soutenue en 2006, a le mérite de questionner un univers dont la médiatisation outrancière masque souvent les arcanes sociologiques, celui des suppor- ters du football. En s’intéressant plus précisément au monde des supporters « à distance », sortes de partisans extra-territoriaux des clubs, l’auteur entend décortiquer en profondeur le sens que prend, pour un Rouennais ou un Parisien par exemple (en tout cas pour un non Marseillais), l’engagement dans un groupe de supporters, en l’occurrence ceux de l’Olympique de Marseille, club emblématique du championnat de France de football. Le processus selon lequel des personnes s’approprient une équipe, qui ne repose pas nécessairement sur le seul sentiment d’une appartenance territoriale (comme le montre par exemple l’engouement des jeunes Européens pour le championnat anglais, réputé viril et spectaculaire), permet en effet une approche originale des mécanismes d’identification, de socialisation et de communautarisation à l’œuvre dans le spectacle sportif.

Le match de football, paroxysme de l’exaltation de l’appartenance territoriale comme l’a largement montré Christian Bromberger (qui signe d’ailleurs la préface du livre), se prête bien à une mise en scène : celle de la concurrence entre deux clubs, exacerbée lorsque ceux-ci sont proches géographiquement. Dans ce cadre, le football est bien une manière de « faire du territoire ». Ludovic Lestrelin montre ici qu’aujourd’hui (et depuis les années 1990), du fait de la croissance de la médiatisation du jeu, de l’essor d’Internet, mais aussi du marketing offensif et des politiques commerciales ambitieuses mis en place par les clubs en vue de se développer au niveau national et international (tournées d’exhibition, intégration dans les équipes de joueurs asiatiques ou américains pour s’ouvrir la porte de nouveaux marchés, etc.), l’identification à une équipe dépasse souvent le cadre géographique. En d’autres termes, on peut être « fier d’être Marseillais » sans pour autant être Marseillais. Dans ce cadre, le supportérisme prend davantage la forme d’une reconnaissance « culturelle » que d’une allégeance territoriale, source historique du supportérisme.

En mettant en place une méthodologie singulière mêlant étude de cas comparative de différentes sections de supporters (celles de Rouen, de Paris et de Saint-Quentin notamment), entretiens et observations directes, l’auteur révèle des trajectoires de fans, leurs motivations et l’écho de leur ferveur auprès de leurs proches. Il éclaire ainsi avec tact les dimensions imaginaires qui inclinent un supporter à s’engager corps et âme derrière une équipe pour se sentir appartenir à un groupe, exister. Sorte de « quête de reconnaissance », le supportérisme à distance apparaît ici comme le moyen de se créer une « identité d’élection », le réseau palliant le vide d’autres appartenances davantage « subies ». Parce qu’il implique du partage et des interactions, ce supportérisme participe en effet à la construction de communautés aux dimensions réinventées, de moins en moins inscrites physiquement dans un territoire, autour de clubs qui s’imposent en « étendards de ralliement », comme l’illustre l’intérêt, à travers le monde, des Écossais pour le Celtic de Glasgow ou celui des Portugais pour le Benfica de Lisbonne. Les supporters qu’étudie Ludovic Lestrelin, s’ils n’ont pas d’attache directe avec Marseille, se reconnaissent ainsi dans un club qui symbolise, non sans exubérance, un esprit populaire bouillonnant, empreint d’un vocabulaire et à l’accent débordants, antithèses du parisianisme, bref un style culturel.

Le mérite du livre est alors de montrer surtout que, loin de représenter un ensemble fraternel et unanime, le monde des supporters de football n’échappe pas aux conflits symboliques et territoriaux. Bien que partageant indéniablement des traits communs, les groupes de supporters à distance de l’Olympique de Marseille se singularisent par exemple du point de vue de leur rapport aux joueurs et aux dirigeants ou encore de leurs habitudes lors des matchs. Les tensions se raidissent encore davantage lorsqu’il est question de la comparaison entre sections marseillaises et non marseillaises de supporters : derrière le soutien à l’OM, la confrontation est de mise pour s’imposer dans le stade comme le groupe le plus visible. La légitimité des supporters est en jeu ici : revendiquée d’abord par les partisans locaux du club à la raison que l’ancrage territorial prime nécessairement sur toute autre forme d’appartenance, elle est bousculée au sein des groupes de supporters à distance dont l’identité « marseillaise » est ainsi niée.

Le mérite de l’auteur, enfin, n’est pas seulement d’investiguer une question jusqu’alors peu explorée en France dans les analyses du supportérisme. En illustrant, à travers le cas des supporters à distance, la complexification des liens entre territoires d’implantation des clubs et vie de leurs fans, l’ouvrage interroge avec intérêt la périphérie partisane du sport pour comprendre comment se construisent des réseaux sociaux transterritoriaux, enrichissant ainsi l’analyse des manières de se sentir membre d’un collectif, bref de la construction des liens sociaux lorsque celle-ci s’inscrit au-delà des espaces géographiques.

Julien Fuchs, maître de conférences, université de Bretagne occidentale

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vendredi 22 juillet 2011

L'affaire Puerto au prisme des sciences sociales

Le Tour de France version 2011 n'a pas encore rendu son verdict définitif et le suspense bat encore son plein à deux jours de l'arrivée. Qui d'un frère Schleck (Andy ou Frank ?) ou d'Evans va monter sur la plus haute marche du podium ? Quant à Thomas Voeckler, il a perdu aujourd'hui son maillot jaune (il est maintenant classé 4e) après avoir été en mesure de lutter avec les meilleurs depuis les premières épreuves de montagne. Du côté de la question du dopage, le Tour 2011 est relativement calme et certains commentateurs n'ont pas hésité à expliquer le nivellement des performances (personne n'écrase ce Tour) et le fait de voir un Voeckler en capacité de se mêler à la lutte par un assainissement du peloton. Pour le moment, un seul coureur a été exclu de l'épreuve, Alexandr Kolobnev, membre de l'équipe Katusha, qui a été contrôlé positif à un diurétique. Quant à Alberto Contador, triple vainqueur du Tour (2007, 2009 et 2010) et l'un des grands favoris au départ, il n'a jamais semblé en mesure de dominer ses adversaires. Sifflé lors de la présentation des équipes, pris dans une chute lors de la première puis la cinquième étapes, souffrant du genou droit, à la peine dans les Pyrénées et hier au Galibier, il est devancé nettement au classement général. Aujourd'hui encore, malgré une longue échappée, il n'a pu remporter l'étape, devancé d'une vingtaine de secondes par le Français Pierre Rolland à l'arrivée à l'Alpe D'Huez. 

affaire-puerto-Drôle d'année pour le champion espagnol... D'abord suspendu un an par la fédération royale espagnole de cyclisme en janvier, à la suite d'un contrôle positif au clenbuterol en 2010, il est blanchi en février par cette même institution. En mars, l'UCI (la fédération internationale de cyclisme) décide de faire appel devant le Tribunal arbitral du sport de Lausanne ce qui ne l'empêche nullement de prendre part aux compétitions. Il gagne ainsi le Giro en mai. Ce n'est pas la première fois que Contador se trouve mêlé à une histoire de dopage. Le nom de Contador nous renvoie, en effet, à l'affaire Puerto, du nom de cet important scandale qui éclate en 2006 et qui met au jour un vaste système de dopage (fondé sur des transfusions sanguines) finement organisé par le Dr Fuentes, très introduit dans le sport professionnel en Espagne. Alberto Contador est ainsi mis en cause avec une quarantaine de cyclistes (mais aussi des footballeurs et des tennismen espagnols...) et sa première victoire sur le Tour en 2007 a largement été discutée. 

Paru en mai 2011 dans la revue nord-américaine de sociologie Journal of Sport & Social Issues, un article co-écrit avec Bastien Soulé, maître de conférences à l'université de Lyon 1, prend pour objet cette fameuse affaire. La question posée est assez simple : à ce jour, comment expliquer la faiblesse des sanctions sportives et l'absence de sanctions judiciaires au regard de l'ampleur de l'affaire et du nombre important de coureurs mis en cause ? L'article se propose d'apporter une réponse à cette question à travers la sollicitation d'un modèle systémique d'analyse des risques et des crises qui permet de montrer 1) les facteurs de développement du dopage sanguin par autotransfusion 2) l'origine des problèmes de régulation révélés par l'affaire Puerto. L'article permet en outre d'identifier les acteurs gravitant autour de l'affaire et leurs relations d'interdépendance. 

Références complètes : Bastien Soulé, Ludovic Lestrelin, "The Puerto Affair: Revealing the Difficulties of the Fight Against Doping", Journal of Sport & Social Issues, vol. 35, n°2, pp. 186-208. 

JSSIAbstract (à consulter également en cliquant ici ; le sommaire du numéro complet est accessible ici) :

In 2006, an investigation by the Spanish Guardia Civil led to the identification of a huge network practicing blood doping. Difficulties in terms of fight against doping of professional cyclists are analyzed using a systemic approach. This article aims at enlightening the factors that made it impossible to impede the spreading of doping via auto-transfusion as well as the attempts at restoring a balance among the professional cyclist elite. Through a qualitative inquiry, results show that timid attempts at gathering information prevent a full exposure of the affair and the punishment of its actors. The teleological priorities of many protagonists generate strategies preventing the identification of the network involved and the issuing of sanctions. Besides, we perceive the limits of a regulating system confronted with difficulties in characterizing the behaviors it is supposed to punish, with diverse legal and regulatory frameworks, and which is subject to an unwilling judicial authority.

Keywords : anti-doping regulation ; blood doping ; professional cycling ; systems theory

Authors : Bastien Soulé, Université Claude Bernard Lyon 1 (bastien.soule@univ-lyon1.fr) and Ludovic Lestrelin, Université de Caen Basse-Normandie (ludovic.lestrelin@unicaen.fr)

France Culture via l'émission Du Grain à Moudre a consacré une émission à la question du dopage. Intitulée "Peut-on éviter le dopage ?", elle a été diffusée le 13 juillet. Elle réunissait Stéphane Mandard, journaliste au Monde, Jean-Pierre de Mondenard, médecin et auteur de nombreux ouvrages sur la question et Patrick Clastres, historien, spécialiste de l'histoire du sport. L'émission peut être écoutée : ici

Enfin, pour celles et ceux qui sont intéressés par les questions de dopage, voici un "site référence". Très bien documenté et actualisé, il est incontournable : cyclisme-dopage.com

Bonnes vacances, bel été !

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lundi 4 juillet 2011

Congrès de l'Association française de sociologie

LogoAFS2011Demain 5 juillet s'ouvre, à Grenoble, le 4e Congrès de l'Association française de sociologie (l'AFS) autour du thème général "Création et innovation". Temps fort de la discipline, cet événement permet de confronter les travaux des sociologues français (et étrangers), de susciter les rencontre et les échanges. Les matinées seront consacrées à des conférences fort intéressantes (le programme ici). Les communications, organisées autour de réseaux thématiques (RT), prendront place les après-midi. Il existe un RT spécialement dédié à la sociologie du sport et des activités physiques, animé par Patrick Trabal, professeur à l'université de Paris Ouest Nanterre (voir ici). Pour ma part, je communique jeudi, entre 14h30 et 16h30, avec Jean-Charles Basson, dans le RT "Mouvement sociaux" autour du supportérisme. Voici le résumé de la communication :

Le supportérisme est un militantisme. Mobilisations collectives supportéristes et lutte contre les nouvelles formes de contrôle social opérant dans le football européen

AfficheAfsGrenoble2011Si le répertoire d’actions collectives des supporters ultras comprend des modalités de mobilisation et des registres d’intervention caractéristiques d’un mouvement social, c’est que le supportérisme fait, en Europe, l’objet d’un encadrement élaboré (Basson, 2004). Considérés en tant que cibles par le modèle répressif développé en Angleterre, les groupes de supporters sont maintenus aux marges du processus de mise en œuvre d’une action publique dont ils sont les « ressortissants » (Warin, 1999). Ainsi entendent-ils user de leur « capacité de capture des autorités publiques » (Lascoumes et Le Galès, 2007 : 36) afin de faire valoir leurs intérêts. L’ambition repose sur la prise de conscience des ressources politiques dont ils disposent pour dépasser la politisation les tribunes. D’une part, au-delà d’une conception idéaliste de la politique entendue comme combat pour les grandes causes, ils s’organisent selon des principes politiques. D’autre part, ils participent à l’alimentation du système politique : espace de socialisation et d’encadrement, instance de sélection et de circulation des élites, ils travaillent à l’élargissement et à l’ennoblissement de la cause supportériste et à la traduction politique des revendications d’une partie de la jeunesse. Enfin, usant des technologies de la communication, orchestrant la dramaturgie des conflits et fustigeant les nouvelles formes du contrôle social, le supportérisme apparaît, à l’échelle globale, comme une contre-expertise militante.

Voici par ailleurs quelques communications autour de l'objet sport (avec le renvoi vers le résumé sur le site de l'AFS), sélectionnées par mes soins (la liste n'est pas exhaustive) :

- Samuel Bouron, doctorant en sociologie (CURAPP) : La construction scolaire de l'identité des journalistes sportifs

- Béatrice Barbusse, enseignant-chercheuse, Université Paris Est Créteil : De l'entraîneur au manager sportif dans les sports collectifs professionnels

- Bertrand Fincoeur, chercheur, Université de Liège : Les tourments de la repentance. Ou comment les discours (et les pratiques?) évoluent dans le cyclisme sur la question du dopage

- Bérangère Ginhoux, doctorante en sociologie, Université de Saint-Etienne : Les supporters de football sous haute surveillance

- Thomas Busset, chercheur, Université de Neuchâtel : La mise en place d’une politique de prévention du supportérisme violent en Suisse

- Julien Bertrand, ingénieur de recherche, Université de Lyon 2 : Un mode de socialisation professionnelle aux prises avec l'institution scolaire : l'apprentissage du football professionnel

- Claude Lafabrègue, maître de conférences, Université de Caen Basse-Normandie : Les écoles de voile, une innovation dans l'immédiat après-guerre. Jeux de pouvoir et stratégies de conservation autour d'une forme d'organisation innovante

- Loïc Sallé et Oumaya Hidri Neys, maîtres de conférences, Université de Lille 2 : Faire preuve de « personnalité » Quand la régulation des comportements participe à la définition du « bon arbitre » de football

A noter : les matinées seront retransmises en direct et en différé sur canalc2.tv.

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